
Genre :
Littérature générale
ISBN : 2-84263-058-0
Année de parution : avril 2002
Nombre de pages : 160
Format : 12x18 cm
Couverture : Massin
Prix : 13,5€
Souvenez-vous, Goat’s Head Soup, un antique vinyle des Stones avec emballage crowleyen peaufiné, un sabbat au point de croix renversée pour adolescent gothique, une relique de l’âge de velours noir et de cuir verni. Ces vieux cauchemars poisseux, ces cocktails au verre pilé, Milan Dargent les remet sur la platine, nous les réinjecte à la lueur sombre d’une free party où il tire par la main Kim la Danoise (des noises on lui en cherchera ; du bruit elle en trouvera), se confond en errances non-euclidiennes, entre concerts, conciliabules érohallucinogènes ou conclaves malins. Tout cela dans un Lyon qui a troqué le maroquin d’Édouard Herriot contre les bagues de l’abbé Boullan, la iiie République des bedaines contre les spasmes de Huysmans. Méfiez-vous de Lyon, c’est La Mecque des rêveurs marginaux. Le spectre de Brian Jones erre dans les traboules : la main de Crowley anime le Guignol d’une Croix-Rousse aux allures Altamont. Milan Dargent nous livre donc un exercice de suffocation (comme d’autres d’admiration), une petite dérade pour aujourd’hui où la stonemania sert de codex majeur, les concerts de vêpres noirs et les cours d’espace de rêverie pour lycéens en rupture de cursus. Un hymne aux vertiges, à lire sans respirer. Hue da !
Ce soir, ils ont choisi une forêt de conte de fées. Sombre et mystérieuse, avec des arbres géants dont les branches ressemblent à des tentacules. Le genre de forêt où on a dû réintroduire des loups, et toutes sortes de rapaces. Bon, il est vrai qu’on n’est pas là pour rigoler, on est dans une free party hardcore. La dernière fois, en plein milieu de la fête, les flics sont intervenus. Quand la musique a cessé on s’est tous retournés vers la rangée horizontale de lampes torches qui avançait dans la brume nocturne. C’était très western, comme scène. Pendant la progression des forces de l’ordre des centaines de petites pilules d’ecstasy et de buvards d’acide se perdaient dans la boue. Certains imprudents ont avalé cul sec tout ce qui leur restait.
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C'est à ce genre de livre qu'il faudrait donner le prix Goncourt. Mon cher Mick, votre prochaine tournée s'annonce : vous qui lisez le français, ouvrez ce petit bijoux dans l'avion, entre deux dates. Et ce que vous avez fait. Pour vous ce n'est que du rock'n'roll. Pour nous, avec la littérature et les filles, c'est la seule chose qui compte dans l'existence.
Yann Moix, Elle, 29 mai 2002.
Drôle et enlevée, cette évocation d’une jeunesse dans la France provinciale giscardienne est franchement réussie. […] Et le ton gentiment désabusé colle parfaitement à son propos.
Jean-Claude Perrier, Livres Hebdo.
Dans cet alerte petit bouquin à la nostalgie caustique, Milan Dargent décrit avec un bonheur rock’n’rollesque les
émois d’un adolescent des seventies, du premier patin au premier joint. Et termine par la seule question existentielle qui mérite vraiment d’être posée, surtout quand on est fan des Stones : pourquoi diable n’est-on plus en 1976 ?
P.B., Télérama
Drôle, émouvant, pertinent et surtout vivant, ce court volume démontre mieux qu'un long discours l'impact anglais sur plusieurs générations de mômes perdus ou rebelles.
JPhB, La Liberté (Suisse).
Dans ce petit roman extrêmement drôle, où l'autodérision croise le fer avec la nostalgie, une tournée de fin de règne-les Stones de 1976 auraient pu se dispenser de jouer sur scène la moindre note de musique, tant tous les Milan Dargent du monde avaient en tête de bien meilleurs concerts que ceux de la réalité-accouche ainsi d'un épatant instant de rock'n'roll.
Bruno Juffin, Les Inrockuptibles.
On ressort du livre étourdi, complètement Stonisé, l'indigestion à la soupe Jagger n'est pas loin mais heureusement Milan Dargent a su où et comment clore son bon et si inhabituel premier roman.
Fabrice Aimmant, zonelitteraire.com.